Un fromage de chèvre dans un coin de paradis

Un couple d’éleveurs de chèvres de Notre-Dame-de-Stanbridge se lance dans la production de fromage au lait cru.

Pas banal du tout le parcours de Jean-François Larche, un Montréalais d’origine, et celui de sa conjointe Nicola Cunha, originaire de l’Inde, mais ayant grandi en Arabie saoudite puis vécue en Angleterre, au Texas, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Le premier a fait des études en communication et confectionné des décors de cinéma pendant que l’autre travaillait dans les restos et pour des traiteurs.

«Nous nous sommes connus en 2001 sur un plateau de cinéma. Puis, en 2006, nous avons ouvert un restaurant à Cumberland, à l’est de l’île de Vancouver. On s’approvisionnait alors dans des fermes locales, surtout bio, et ça nous a donné le goût de vivre à la campagne et d’élever des animaux pour notre consommation personnelle», indique M. Larche.

En 2011, ce dernier a choisi de revenir au Québec après 15 ans d’absence, pour se rapprocher de ses parents qui prenaient leur retraite. Sa conjointe et lui ont continué à faire du travail à distance pour une entreprise Web spécialisés dans le référencement.

En 2012, soit un an après son départ de la Colombie-Britannique, le couple a finalement vendu sa propriété de Vancouver et a déniché une fermette de 17 acres dans Brome-Missisquoi.

«Nous avons eu des porcelets, ânes, agneaux, oies, canards, pintades, poules pondeuses et décidé de tout faire par nous-mêmes: élevage, abattage, boucherie et conservation en chambre froide», résume l’éleveur de 45 ans.

De hobby à travail à temps plein

En 2014, le couple a hérité de six chevreaux, incluant une femelle, qu’il s’est empressé de faire accoupler. Les premiers jalons de l’élevage étaient posés!

«Au départ, nous souhaitions élever des chèvres pour nous approvisionner en viande, mais nous avons finalement décidé de mettre à profit notre passion pour les animaux et d’en faire un gagne-pain», résume M. Larche.

La ferme de Notre-Dame-de-Stanbridge compte aujourd’hui 30 chèvres en lactation, 12 chevrettes et deux boucs de différentes races.

«Les Alpines et les Saanen sont rustiques et s’acclimatent bien au froid de nos hivers québécois alors que les Nubiennes sont plus fragiles. Ces dernières ont cependant l’avantage d’être calmes, d’avoir un bon tempérament et de fournir un lait riche en protéines et matières grasses», précise M. Larche.

Le couple Cunha-Larche a d’abord pensé se spécialiser dans la production de lait, mais a fini par réaliser qu’un cheptel de 200 chèvres serait nécessaire pour parvenir à ses fins.

«Nous avons conclu qu’il était plus facile de rentabiliser notre élevage en faisant de la transformation. La visite d’une ferme de la région de Sherbrooke nous a convaincus que notre projet de fromagerie avait du sens et que le lait de notre troupeau pouvait suffire aux besoins de notre production», poursuit le copropriétaire de la Fromagerie Cornes et Sabots.

Les 30 chèvres des deux producteurs produisent actuellement 60 litres par jour. Avec l’entrée en lactation des 12 chevrettes, l’an prochain, la production quotidienne passera à plus de 80 litres.

«Vers 2020, nos chèvres laitières devraient produire 100 litres par jour pendant dix mois. On suspendra la traite deux mois avant les naissances, soit de Noël à la fin février», précise M. Larche.

Source: https://www.laveniretdesrivieres.com/2018/08/15/dame-de-stanbridge-deux-neo-ruraux-produiront-fromage-de-chevre/

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